En 2012 voyait débarquer un Buddy Holly à la voix de blouson noir. Nick Waterhouse infligeait alors une bonne cure de jouvence à ce bon vieux rythm n’ blues avec un premier album intitulé Time’s All Gone. Il revient avec Holly, toujours sur le label d’Hanni El Khatib, Innovative Leisure Records.

Présenté par l’artiste comme un album concept, il peut aussi se définir comme la bande originale d’une du film retraçant la jeunesse de Holly et dont Nick Waterhouse ne serait que le conteur. Les titres oscillent entre compositions et reprises mais il réussit à se les approprier pour leur insuffler une seconde vie. « Let It Come Down » écrit par Mose Allison, se voit ainsi sublimer par des chœurs soulful à souhait. Ces mêmes chœurs, qui étaient quelque peu écorchés sur Time’s All Gone, se sont bel et bien adoucis sur Holly (« Hands On The Clock »).

Mais le californien n’en oublie pas pour autant son amour pour le rythm n’ blues bien charpenté, accompagné de sections cuivres à la limite de l’apoplexie comme sur « This is a Game ». Et si son premier album semblait avoir été enregistré dans une cave sombre et crasseuse de Memphis, symbole de sa fougue juvénile, celui-ci gagne en maturité et semble bien plus arrangé et travaillé.

Une générations de chanteurs et chanteuses, tous aussi cheasy qu’une bonne fondue, avaient kidnappé le rythm n’ blues, s’appropriant son nom. Nick Waterhouse lui repoudre le nez et le requinque de la plus des belles des manières avec ce Holly.

 Julien Renou

                                          Nick Waterhouse Holly / Sorti le 4 mars chez Innovative Leisure

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