The Weeknd « Kiss Land »

Est-il pensable titre plus crétin que Kiss Land ? Surtout accolé au premier vrai (entendre signé sur une major) album de The Weeknd ? Drôle si on avait senti un tantinet d’autodérision, le titre est à l’image de son album : caricatural.

C’est indéniable, le R&B s’anoblit. On vous épargne des détails que vous connaissez déjà mais parmi les miauleurs rendant le genre fréquentable (Frank Ocean, Miguel, Jeremih, Drake…) subsiste toujours la souillon du coin : The Weeknd. Après trois mixtapes d’amour (physique) synthétique comme une capote rééditées en coffret payant (novo-marketing ?) et une interminable tournée, au tour d’Abel Tesfaye d’épater le monde (?) avec un album (?) au nom annonciateur d’une pandémie d’herpes : Kiss Land.

S’il a fait sa réputation avec un r&b à peu près aussi propre qu’un bareback, ce premier véritable LP – malgré son nom – n’annonce en rien un nouveau The Weeknd. Du stade où il avait le l’esprit léger et les couilles pleines – voyons les choses avec charme – Tesfaye n’a pas changé d’un iota. Enfin, l’esprit léger… Tesfaye a toujours traversé ses obscénités notoires le cœur gros, un batard sensible comme rappaient certains autrefois. Sur ses quickies de backrooms le cul dans des flaques de champagnes en plans serrés, flottait toujours ce voile de culpabilité et cette déprime latente (patente ?). Donc (unique) réelle transformation durant la transition à l’album, si cette fois-ci Abel s’allonge, c’est seul et sur le divan du psychanalyste.

Oui, The Weeknd est désormais plus dans la confession et l’analyse quant à ses actes que dans l’épate et la démonstration d’autrefois. Un fond nuancé appellerait une forme plus ambiguë ? Pas loin. Sans grand risque, il va chercher quelques samples dans l’indé type Portishead (sur Belong To The World), tentant ainsi de s’enraciner dans une zone grise du R&B, là où le lecteur de Pitchfork l’attend. Abel semble vouloir abattre carte sur table, jouer la transparence (The Professional), garantir la sincérité (Live For) et réussir l’envoutement voire la grandiloquence (Love In The Sky) pour finalement se vautrer dans la minauderie 80’s (Wanderlust).

S’il y a une véritable tentative de sophistication dans ce Kiss Land, le passage au format album manque cruellement d’ambition et de ligne directrice. Finalement, qu’est ce qui fait que cet album n’est pas une nouvelle mixtape ? Une production plus rigoureuse mais aussi un projet plus frileux… Sorti de la liberté artistique des mixtapes, contraint par contrat, The Weeknd semble aujourd’hui plus ambitieux professionnellement qu’artistiquement… Ce Weeknd ressemble de plus en plus à un jour sans fin…

 The Weeknd Kiss Land / Sorti le 9 septembre sur Republic 

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Ha et avant de partir : si on regardait ce que Google requests pense de The Weeknd ?

The Weeknd is