Baths / Obsidia

Du haut de ses 25 ans, Will Wiesenfeld aka Baths n’en est pas à ses débuts, puisqu’il s’est fait remarquer et encenser par la critique pour la sortie de son premier album Cerulean en 2010. Il ne doit pas être facile lorsqu’on est artiste, de porter la pression sur ses épaules et de donner une suite à son travail, lorsque celui-ci est monté au pinacle dès ses débuts, de se renouveler tout en restant fidèle à ses idées. C’est pourtant le pari réussi d’Obsidian.

 

 

 

Du haut de ses 25 ans, Will Wiesenfeld aka Baths n’en est pas à ses débuts, puisqu’il s’est fait remarquer et encenser par la critique pour la sortie de son premier album Cerulean en 2010. Il ne doit pas être facile lorsqu’on est artiste, de porter la pression sur ses épaules et de donner une suite à son travail, lorsque celui-ci est monté au pinacle dès ses débuts, de se renouveler tout en restant fidèle à ses idées. C’est pourtant le pari réussi d’Obsidian, petite pépite de folktronica hip-hop qui voit les mélodies s’emballer sur des nuages vocaux naviguant sur des eaux troublées aux consonances de mort et de résurrection, d’amour cassé et de rédemption, d’espoir et de déception. Baths a soigné la production de ses nouveaux morceaux tranchants comme du verre, donnant aux rythmes une puissance aiguisée et faisant entrer l’acoustique de façon plus appuyée, par l’utilisation de pianos mélancoliques et de cordes évanescentes, la voix prenant le dessus pour y asseoir son assurance. Avec Ironworks il fait chavirer nos âmes sur des envolée néo-classiques à la beauté fragile donnant la réponse à un Miasma Sky aux effluves dansants. Avec Ossuary les basses saturées se font oppressantes, dessinant les contours d’une post cold wave au romantisme emballant, n’hésitant pas à briser ses beats pour repartir de plus belle. Avec ObsidianBaths enfonce le clou titre après titre, nous faisant oublier la perfection de Cerulean pour s’envoler vers des cimes toujours plus hautes, donnant vie à un univers à la complexité accessible, habitée par une humanité renversante. Un album en obsidienne pure.

 

Roland Torres