Perché, un peu tordu, presque sorcier, Austra réalise une fois encore la jonction d’univers aux antipodes les uns des autres. De house en symphonies de boites à rythmes, le groupe canadien recrée sur son deuxième album une musique pop étrange et surtout portée par la voix aérienne et cristalline de Katie Stelmanis.

 

Perché, un peu tordu, presque sorcier, Austra réalise une fois encore la jonction d'univers aux antipodes les uns des autres. De house en symphonies de boites à rythmes, le groupe canadien recrée sur son deuxième album une musique pop étrange et surtout portée par la voix aérienne et cristalline de Katie Stelmanis.

 

Une certaine mélancolie nordique s'échappe d'Olympia. Certaines notes rappellent Fever Ray. Celles qui durent et prennent de la hauteur avec puissance, comme la Bjork des années 90. Les claviers sonnent vintage, un côté kitsch et 80's qui se cale à merveille sur les paroles parfois simplistes de ces titres : You'll never know I'll never know you se contente de répéter Katie Stelmanis dans le morceau Sleep avec cette voix qui semble s'être trompé de piste d'enregistrement. Car si les claviers d'Austra ont le pouvoir de nous faire basculer plus de 20 ans en arrière, sa voix nous ramène aux chanteuses de Folk des années 60 et à leurs titres de story teller. Les love songs d'Austra sont tristes et transpirent l'échec amoureux. Paroles lancinantes sur composition qui fait dodeliner, Olympia figurerait assurément sur la compilation « Danse avec un blasé » s'il en existait une.

 

En bon loser magnifiques, les trois Canadiens orchestrent ces récits de cœurs brisés avec un harmonieux sens du drama. Olympia, c'est avant-toute chose les tripes de Katie posées sur la table, des blessures intimes (Home), des catharsis sans pathos ajouté pour ne pas lester l'album jusqu'au naufrage. D'où l'idée d'enraciner son spleen à paillettes chez les starlettes au rimmel dégorgé par les larmes de la late-disco/early-house type Sylvester. Une formule déjà éprouvée sur deux albums par Hercules & Love Affair, dont on s'étonne d'ailleurs de ne pas voir de featurings sur Olympia (paraît-il qu'un remix est prévu). Austra a su se répéter sans s'imiter, ce deuxième album est du Feel It Break mais le nez tourné vers le Chicago de Marshall Jefferson ou le New York queer des 80's. Si certains ne verront qu'une Castafiore dépressive pour nostalgique du Paradise Garage, en conjuguant intimité et dance music, Austra parvient pourtant à instaurer beaucoup d'âme dans un domaine où l'on ne s'attache souvent qu'au corps.     



 
 
 
Par Esther DEGBE