Si certains disques trop rapidement catalogués ambient finissent par lasser de par leur manque d’audace et leur linéarité codifiée, il n’en va pas de même avec le nouvel opus de l’américain Matthew Cooper aka Eluvium, dont le 7ème album Nightmare Ending est un sommet du genre.

Si certains disques trop rapidement catalogués ambient finissent par lasser de par leur manque d’audace et leur linéarité codifiée, il n’en va pas de même avec le nouvel opus de l’américain Matthew Cooper aka Eluvium, dont le 7ème album Nightmare Ending est un sommet du genre, de par les ambiances qu’il soulève et les paysages sonores qu’il dessine avec un sens de la spatialisation astrale et des mélodies néo classiques traversées de zones de turbulence drone, où le calme devient matière conductrice d’émotions et de sensations, qui semblent être constamment en apesanteur. Conçu sur plusieurs années, ce double album est exemplaire à plus d’un égard. Que ce soit pour ses pianos pointillistes traversés de beauté radieuse, ou ses nappes apaisantes à la mélancolie lumineuse, les différents états d’âme se mêlent et s’entremêlent pour virevolter avec sérénité sur des sphères aux tempos enveloppants. Eluvium joue avec nos sens, nous trimballant dans les profondeurs d’un monde à part, au sein duquel règne un calme aux soubresauts souterrains imperceptibles qui caressent nos capteurs sensoriels à coups de boucles hypnotiques aux modulations progressives, se rapprochant d’une certaine forme de transe païenne, ode à la beauté de l’univers et aux ondes qui nous entourent. On peut presque sentir les pluies de notes parcourir notre peau pour y déposer son lot de peines et de joies, avec distance et résonance, sous couvert d’intelligence et de subtilité, clôturant avec le majestueux Happiness, qui voit Ira Kaplan de Yo La Tengo venir poser sa voix sur le seul titre chanté de l’album.

Site : eluvium.net

 
Roland Torres
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